Moins de 10% des acteurs du tourisme ont leur propre site sur le web
Avec 880 millions d’euro dépensés en ligne en 2002, le secteur du tourisme a clairement le vent en poupe sur Internet. Aujourd’hui, il représente près de la moitié des revenus de l’e-Commerce en France. Selon une étude TNS Sofres, 24% des Français ont ainsi utilisé Internet pour préparer un voyage en 2003. Des chiffres d’autant plus révélateurs qu’ils ne cessent de grimper.
Pourtant, il existe parfois de fortes disparités entre les départements. C’est ce que Arthalys, société de conseil en stratégie Internet, a voulu démontrer en s’intéressant au Massif Central. L’agence a passé au crible plus de 9600 acteurs, de tailles et d’horizons divers : offices de tourisme, restaurants, hôtels, campings, gîtes ruraux et chambres d’hôtes, stations de ski, stations thermales.
Ce type d’étude est une première pour le Massif Central. Arthalys a tout mis en oeuvre pour apporter une vision claire de la situation, et dresser un état des lieux réaliste.
7,62% des acteurs ont leur propre site
Sur les six départements analysés (Allier, Cantal, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Lozère, Aveyron), seuls 7,62% des acteurs du tourisme possèdent leur propre site Internet. Le manque d’intérêt face à ce média ne semble pas être la raison de ce faible score. La majorité des acteurs prennent en effet le temps d’envoyer des informations à des sites « portails », qui leur attribuent une page de présentation. 57,47% des acteurs ont ainsi une présence web sommaire.
Pourquoi ne tirent-ils pas mieux parti d’Internet ? De nombreuses raisons, analysées dans notre étude, expliquent ce déficit de volonté. Un important travail de sensibilisation reste à effectuer sur une population peu présente sur le web. Et quand bien même un acteur possède son propre site sur la toile, l’impact escompté n’est pas toujours au rendez-vous.
64,33% de réponses aux e-mails
Dans un soucis de précision, Arthalys a soumis un questionnaire à 25% des professionnels du tourisme présents sur Internet. Il en ressort un sentiment d’optimisme général : 73,40% des répondants s’estiment satisfaits ou très satisfaits de leur site Internet. Pourtant, près de 40% de ces mêmes répondants avouent faire moins de 10% de leurs réservations via leur outil web. Les acteurs du tourisme analysés manqueraient-ils d’ambitions face à la cyberconsommation ? Considèrent-ils Internet comme un vecteur de communication et de commercialisation secondaire ? C’est ce que l’on est tenté de croire d’après les résultats de notre campagne d’envoi de mails mystères, pour tester la réactivité des acteurs : le taux de réponse atteint 64,33%. L’approche multi-canal n’est pas encore pleinement rentrée dans les mœurs.
L’audit que nous avons effectué sur plus de 5500 sites et portails de la région nous pousse également à tirer la sonnette d’alarme : avoir un outil web est une nécessité, mais le rendre visible sur les moteurs de recherche est indispensable. Or ce n’est le cas que pour une minorité d’acteurs : 37,25% seulement sont référencés.
Internet joue aujourd’hui un rôle prépondérant dans la performance touristique et Les TIC permettent de répondre aux nouveaux besoins des consommateurs. Cependant, si les principaux acteurs du secteur sont présents dans la compétition régionale, nationale et internationale, il n’en demeure pas moins que le fossé semble se creuser entre les destinations phares promues par les grands opérateurs et les offres locales.
Le constat s’avère donc mitigé. Seuls les acteurs dont les projets sont issus d’une réflexion stratégique ont pu retirer des bénéfices de leur présence web.